Le tsunami politique

La chute et la descente aux enfers :

Samedi 14 mai, à 16 h 45(heure locale), Dominique Strauss - Kahn a été débarqué par les inspecteurs en civil de l'autorité aéroportuaire de New York et du New Jersey de l'avion d'Air France qui s'apprêtait à décoller pour Paris quelques minutes plus tard, de l'aéroport JFK, à New York. Transféré dans un commissariat de Harlem, il a été entendu, en garde à vue  et inculpé.

Dimanche, à 2 h 15 du matin, la police de New York lui a signifié les charges retenues contre lui : "acte sexuel criminel, tentative de viol et séquestration illégale" sur une femme de chambre de 32 ans dans «une luxueuse suite» du Sofitel de la 44e rue ouest à Manhattan. Le récit le plus précis des faits est donné par le New York Times.

Selon lesdéclarations du porte-parole de la police, il était environ 13 heures quand la femme de chambre est entrée dans la suite 2806 de l'hôtel (à 3.000 dollars la nuit, précise le New York Times) pensant qu'elle était inoccupée. Dominique Strauss- Kahn serait sorti nu de la salle de bains avant de rejoindre la femme de chambre dans le salon et la forcer à se rendre dans la chambre puis dans la salle de bains pour la contraindre à un «acte sexuel criminel» non précisé. Il aurait également fermé la porte à clé pour l'empêcher de fuir.

Alertée par la jeune femme qui aurait finalement réussi à s'échapper, la police de New York a pu constater que DSK avait oublié sontéléphone portable sur place. La femme de chambre a été conduite aux urgences de l'hôpital Roosevelt pour des blessures superficielles. Selon le New York Times, outre letéléphone retrouvé, les enquêteurs auraient aussi relevé des traces d'ADN en vue d'expertises médico-légales.

Nous sommes intoxiqués par une surdose dedéclarations, interviews, débats,  fallacieux, c'est une vraie overdose.

Le Directeur général du FMI,Dominique Strauss - Kahn démissionne

Le 18 mai 2011

DominiqueStrauss - Kahn a aujourd’hui fait part au Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) de son intention de démissionner de son poste de Directeur général avec effet immédiat. Dominique Strauss - Kahn a fait la déclaration suivante dans une lettre de démission officielle adressée au Conseil d’administration:

Lettre de démission :

C’est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd’hui de proposer au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général du FMI.

Je pense d’abord en ce moment à ma femme - que j’aime plus que tout - à mes enfants, à ma famille, à mes amis.

Je pense aussi aux collaborateurs du FMI avec lesquels nous avons accompli de si grandes choses depuis plus de trois ans.

A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché.

Je veux préserver cette institution que j’ai servie avec honneur et dévouement, et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence.»


Dominique Strauss - Kahn

L'omerta politico - médiatique, complice de DSK, tout le monde savait, tout le monde s'est tu.

Or l'omerta française sur la personnalité cachée deDominiqueStrauss_Kahnne peut se justifier au seul prétexte du respect de la vie privée. La majorité des Françaises et des Français sont farouchement pour la protection des intimités et nous détestons les traques voyeuristes des journaux à scandales.

Mais la personnalité d'un homme public ayant les plus hautes ambitions politiques est un élément qui doit être analysé par les commentateurs. En l'occurrence, il faut bien constater l'absence de curiosité des médias et des politiques face à la somme de témoignages qui couraientdansParisdepuis des années, à propos de ses comportements possiblement addictifs.

DSK était-il seulement un "queutard" et un jouisseur porté sur  la gaudriole, le libertinage;  ce qui reste en France une marque de savoir vivre depuis des siècles ou était-il plus gravement un libertin - prédateur sexuel sachant dissimuler ses pulsions ?.

Cette question aurait dû être posée. Si elle ne l'a pas été, ce n'est pas au nom du respect de la personne, mais en raison des connivences qui existent trop souvent entre les mondes médiatique et politique, des liens amicaux qui peuvent s'y créer et amener à occulter des faiblesses personnelles.

L'indulgence dontStrauss-Kahna bénéficié a aussi été le résultat du militantisme d'une presse de gauche, qui sait s'aveugler sur des faits dérangeants. Il était considéré comme l'homme populaire providentiel pour sauver la France.

Les médias, adeptes du deux poids deux mesures, comme protecteurs etcomplicesd'un secret intéressant l'ordre public qui aurait dû les mobiliser davantage, afin d'éviter des victimes et, chez l'intéressé, la consolidation d'un possible sentiment de puissance et d'impunité.

Plus généralement, les médias devraient s'interroger sur une "mission d'alerte", une fois de plus prise en défaut avec cette affaire, heureusement révélée grâce à l'indépendance et à la réactivité de la justice américaine qui vient d'éviter à la France d'être la risée du monde.